Homyplus
AccueilBlog › Gérer son activité
Gérer son activité

Livre des recettes auto-entrepreneur : ce que la loi exige vraiment (et ce qu'un contrôle regarde)

Par Jean-Sébastien Jouan 25/08/2026 4 min de lecture
Livre des recettes auto-entrepreneur : ce que la loi exige vraiment (et ce qu'un contrôle regarde)

C'est l'obligation comptable la plus ignorée du régime micro. Elle s'applique dès votre premier euro encaissé, et la plupart des auto-entrepreneurs la découvrent des années après leur immatriculation, parfois au pire moment.

En deux phrases

Tout auto-entrepreneur doit tenir un livre des recettes : la liste chronologique de ses encaissements, avec cinq informations par ligne, non modifiable, conservée six ans.

Un tableur ordinaire ne suffit pas, et une facture encaissée ne s'annule jamais. Ce sont les deux points que presque personne n'explique.

C'est obligatoire dès le premier euro

Pas de seuil, pas de dispense, pas de tolérance de démarrage. Que vous fassiez 480 € ou 40 000 € dans l'année, le livre des recettes est exigé par le Code général des impôts pour tous les bénéficiaires du régime micro.

Il ne se dépose nulle part et personne ne vous le réclame au quotidien. C'est exactement pourquoi on l'oublie : il n'est demandé qu'à un moment, un contrôle. Et ce jour-là, il est trop tard pour le reconstituer proprement.

Ce qu'il doit contenir, exactement

Pour chaque encaissement, cinq informations :

ColonneCe qu'on y met
DateLe jour de l'encaissement, pas celui de la facture
RéférenceLe numéro de la facture correspondante
ClientSon nom
MontantLa somme encaissée
Mode de règlementVirement, chèque, espèces, CESU…

Les écritures doivent être chronologiques, dans l'ordre où l'argent arrive, et le document doit être non modifiable : on ne revient pas sur une ligne passée.

Si vous vendez aussi des marchandises, un registre des achats s'ajoute. En prestations de services pures, le livre des recettes suffit.

Les trois pièges que personne n'explique

1. La date qui compte est celle de l'encaissement

C'est l'erreur la plus répandue. Une facture émise le 28 décembre et payée le 5 janvier appartient à l'année suivante : dans votre livre, dans votre déclaration URSSAF, et dans le calcul de vos seuils.

En régime micro, tout se compte à l'encaissement. Ce que vous déclarez chaque mois ou trimestre, c'est ce qui est arrivé sur votre compte pendant la période, pas ce que vous avez facturé. Déclarer le facturé, c'est payer des cotisations sur de l'argent que vous n'avez pas encore, ou que vous n'aurez jamais.

2. Un tableur ordinaire ne satisfait pas le critère « non modifiable »

Un fichier Excel où l'on peut réécrire une ligne de mars en novembre, sans trace, ne remplit pas la condition. Ce qui la remplit : un cahier papier aux pages numérotées, un registre acheté en papeterie, ou un logiciel qui horodate les écritures et en conserve l'historique.

Beaucoup tiennent leur suivi sur tableur par commodité. C'est mieux que rien, et utile au pilotage. Mais en cas de contrôle, sa valeur probante est faible.

3. Une facture encaissée ne s'annule jamais

Votre client a payé, puis vous le remboursez ? Geste commercial, erreur, prestation écourtée : le réflexe naturel est de « supprimer » ou « annuler » la facture. C'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. La recette a existé, elle doit rester dans le livre.

La correction comptable s'appelle un avoir : un document distinct, avec son propre numéro, qui vient neutraliser tout ou partie de la facture d'origine. Dans le livre, il apparaît comme une recette négative, à sa date. Le livre reste vrai : l'argent est entré, puis ressorti, et les deux mouvements se lisent.

Un livre où des encaissements disparaissent rétroactivement est exactement ce qu'un contrôleur repère en premier.

Conservation : six ans

Le livre et les factures qui le justifient se conservent six ans, y compris après la cessation de l'activité. Si vous fermez votre auto-entreprise en 2026, vos livres restent exigibles jusqu'en 2032.

Comment le tenir sans y penser

L'option papier : un registre à pages numérotées, rempli à chaque encaissement. Fiable, gratuit, fastidieux. Et il faut la discipline de s'y tenir chaque semaine.

L'option tableur : mieux que rien pour le pilotage, fragile en cas de contrôle. Si c'est votre choix, exportez-le en PDF daté à chaque fin de mois. La série de PDF figés vaut mieux que le fichier vivant.

L'option logiciel : la seule qui supprime la corvée. Si votre outil de facturation enregistre la date et le mode d'encaissement au moment où vous marquez une facture payée, votre livre des recettes existe déjà, il n'y a plus qu'à l'exporter. C'est ainsi que Homyplus fonctionne : chaque encaissement est capturé à la source, les avoirs s'y inscrivent en négatif, et le livre se génère conforme, à jour, sans double saisie.

Je suis Jean-Sébastien, professionnel des services à la personne dans les Yvelines. Faute d'outil qui comprenne les obligations de notre métier, j'ai fini par construire le mien. C'est Homyplus, que j'utilise chaque jour pour ma propre activité.

Cet article décrit les obligations du régime micro-entrepreneur en vigueur en août 2026.

Partager :WhatsAppLinkedInFacebook